Archives du mot-clé : lentilles corail

mi cocina végé

Pour fêter le printemps, j’ai décidé de préparer le pozole rojo. Cette soupe-repas est idéale pour aider l’organisme à se requinquer après avoir lutté contre le froid et l’obscurité de l’hiver. Il n’y a pas mieux pour célébrer le changement d’heure, les giboulées, le doux chant des oiseaux et surtout la caresse du soleil printanier. Comme ça m'a manqué!

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Au Mexique, le pozole est l’invité parfait que l’on aime avoir sur sa table: jour de l’An, 1ère communion du petit neveu, anniversaire, fête nationale….Repas du soir ou du week-end, il est très populaire surtout dans les états du nord du pays (Jalisco, Nayarit, Sinaloa, Guerrero). Alors, le pozole est un plat traditionnel sans viande ? Non, pas vraiment. J’ai toujours évité d’y goûter. Le pozole (du nahuatl « tlapozonalli » bouilli) est préparé avec des morceaux de porc (surtout la tête ou les pieds…) et/ou de poulet. Et quand j’étais « omni », je n’arrivais pas à avaler la viande bouillie... Alors, pour qu’il corresponde mieux à mes goûts, j’ai transformé la recette en remplaçant la viande par des lentilles corail.

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N’ayant pas de maïs cacahuazintle (maïs blanc dont les très gros grains s’ouvrent à la cuisson) sous la main, j’ai utilisé du maïs frais que l’on trouve dans les supermarchés chez nous. Mais ça marche aussi avec du maïs surgelé ou en boîtes de conserve.

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Les Mexicains sont les enfants du maïs. A la fois ciment culturel et base de leur alimentation, le maïs est une plante sacrée. Les peuples préhispaniques croyaient qu’il était la matière première à partir de laquelle l’être humain avait été créé. Les origines du maïs ne sont pas tout à fait connues. Tout aurait commencé il y a environ 6.000 ans dans la vallée de Tehuacán, région située dans les hauts plateaux au sud-est du Mexique (c’est là qu’ont lieu les explorations spéléos auxquelles je participe). Une graminée sauvage appelée teosinte donnait une douzaine de très petits grains enveloppés dans une coque très dure. Pour pouvoir les manger, il fallait soit les moudre soit les faire éclater (exactement comme du popcorn). Les deux méthodes de cuisson étaient bien employées à l’époque précolombienne. Cela veut dire qu’un jour un chasseur-cueilleur un peu curieux a décidé de retirer les grains de la plante teosinte, de les mettre sur un plat chaud et d’attendre pour voir ce qui allait se passer. J’imagine sa tête quand les grains ont commencé à éclater comme du « popteosinte » ! Les cultivateurs préhispaniques se sont révélés être d’excellents ingénieurs agronomes puisque, suite à une longue et patiente sélection, puis une hybridation qui a amené une mutation décisive, ils ont pu produire d’innombrables variétés, différentes les unes des autres et capables de s’adapter aux climats les plus divers. En effet, le maïs originaire des hauts plateaux mexicains peut être cultivé à la fois dans les clairières des forêts tropicales du sud du pays mais aussi jusqu’à une altitude très élevée.

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Le Mexique est le berceau de la domestication du maïs. Il en existe 64 variétés connues dont 59 sont indigènes (source: http://www.biodiversidad.gob.mx/usos/maices/razas2012.html). Certaines sont en voie d’extinction, hélas… Elles sont de couleurs multiples: blanc, jaune, rouge, mauve ou bleu. Dans la zone où nous faisons nos explorations spéléos, beaucoup d’habitants (dont mon amie Filipa dont je parlerai plus loin) ont une incroyable connaissance du monde végétal qui les entoure. (Comme je les envie !) Au milieu d’une nature luxuriante, aussi féconde qu’étouffante parfois, ils arrivent à trouver des aliments qui non seulement permet de varier leur alimentation quotidienne mais sont aussi utilisés comme remèdes (vous avez déjà entendu parler d’une plante déodorant ou d’une autre qui, si on l'avale, éloigne les serpents et évite ainsi que l'on se fasse mordre?) ...lire la suite