Archives par mois : octobre 2015

Jugo vampiro

Harley Quinn, Batman, le Joker, le pirate, le revenant, la sorcière… De tous les personnages qui peuplent l’imaginaire d’Halloween, Dracula est peut-être celui qui m’impressionne le plus. Moins énervé que le zombie, moins vorace que Baba Yaga, moins dérangé que le serial-killer, moins hybride que le loup-garou, il n’en est pas moins féroce et machiavélique. Mais cette âme maudite cache aussi quelque chose de tourmenté, de mélancolique et de tragique.

Pour lui rendre hommage, voici le jus du vampire (jugo vampiro), un cocktail vitaminé qui figure sur la carte de tous les puestos (stands de rue ou de marché) et fuentes de soda (sortes de snack-bars) du Mexique. Dans ces établissements, les fruits pleins de chair, de jus et de pulpe sont joliment mis en valeur dans un cadre pleins de couleurs, d'odeurs et de saveurs. L'altitude et/ou les températures élevées que connaît le pays assèchent pas mal la gorge. Pour y remédier, il existe quantités de boissons réalisées à partir de fruits, de fleurs ou de riz. Les jus de fruits frais en font partie.

Ce précieux breuvage est à siroter quand on est en manque de vitalité. Sursaut d’énergie garanti! Il est réputé pour nourrir instantanément toutes les cellules de notre corps. Il paraît même qu’il aiderait à ralentir le vieillissement. Servi frappé, c’est diablement désaltérant et sera du plus bel effet sur le buffet d’Halloween.

L’ingrédient de base est l’orange. Pour moi, c’est le fruit de la bonne humeur. Elle allie la douceur à l’acidité. Excellente source de vitamines C (vous le saviez déjà, non?), elle est riche en minéraux qui contribuent à empêcher la formation de calculs rénaux. Son goût acidulé et son faible index glycémique modère l’appétit, ce qui en fait aussi un allié minceur.

Pour donner du punch, j’ajoute du citron vert. Ce beau fruit (jaune ou vert) est un vrai cadeau de la Nature. Connu pour être l’emblème de la vitamine C, il contient aussi de la vitamine A, B et des minéraux. Sa consommation stimule la production de sucs digestifs dans l’estomac, favorisant l’absorption du fer et du calcium. Il améliore la libération des neurotransmetteurs – la sérotonine et la dopamine- qui aident à avoir une attitude positive et dynamique dans la vie.

Ensuite vient la betterave, un produit bien de chez nous. J’adore son odeur de terre et sa belle robe pourpre, due à la présence de la bétalaïne. Ce pigment revigorant neutralise les toxines, renforce le système immunitaire et stabilise la tension artérielle. Le jus de betterave est riche en fer, donc bon pour le sang. Il paraîtrait même que les sportifs d’endurance (dont les spéléos) iraient plus vite et plus loin (car plus longtemps) après avoir bu un verre de jus de betterave. Bon, les spéléos, eux, préfèrent la bière… Même dans ce cas, elle est utile car elle permet au corps de dissoudre et d’éliminer l’alcool. C’est un véritable trésor détox.

Un autre composant du Jugo vampiro est la carotte. Cette belle Doña est une grande championne de la nutrition. Riche en minéraux et en fibres anti-cholestérol et régulatrices de glycémie, elle protège notre cœur, notre peau, nos poumons et nos yeux. Elle aide à garder un foie sain et fait du bien aux intestins. Qui dit mieux ?

A la fois légume-feuille et condiment, le céleri vert contient de la vitamine K qui joue un grand rôle dans la coagulation sanguine, de la vitamine B9 (acide folique) et du potassium (diurétique). De plus, la présence de pectines a un effet anti-inflammatoire sur la paroi de l’estomac qui pourrait prévenir les ulcères.

Jugo vampiro

Pour 600ml environ

Ingrédients

A presser

  • 3 oranges (environ 200 ml de jus)
  • 1 citron vert

 

A passer à la centrifugeuse

  • 2 betteraves rouges de taille moyenne
  • 3 carottes (environ 200 ml de jus)
  • 1 branche de céleri vert

 

  • Quelques glaçons

 

Préparation

  1. Presser les oranges et le citron vert.
  2. Passer les betteraves, les carottes et le céleri vert à la centrifugeuse. (v. notes)
  3. Mélanger les jus obtenus.
  4. Servir dans des verres, ajouter des glaçons et boire immédiatement.

Note : si on n’a pas de centrifugeuse, on peut aussi mixer les ingrédients dans un blender puis verser le mélange dans une étamine ou un sac à lait végétal pour en extraire le jus.

 

 

 

 

 

 

Pan de Muerto. Vegan

pan de los muertos

L’automne est une saison que je redoute : les feuilles des arbres s’envolent, la lumière naturelle décline, la chaleur du soleil se fait moins forte. Bref, je suis d’humeur grognon. Mes trois chats, eux, se sont vite abandonnés aux délices de l’automne : ils passent moins de temps dans le jardin et plus sur les radiateurs.  J’adore les observer quand ils sont dehors : je suis fascinée par leur façon de marcher sans rien déranger, de se fondre dans le paysage, concentrés sur chacun de leurs mouvements. Je m’amuse de les voir se prélasser sous les derniers rayons du soleil. Leur attitude me fait comprendre qu’il est bon d’accepter le changement de saison. Tout comme l’arbre se débarrasse de ses anciennes pousses pour mieux affronter l'hiver, le temps est venu de s'alléger des pensées moroses, de regarder en soi pour mieux se préparer au temps du renouveau. L'automne nous rappelle que rien n’est permanent. Que cela fait partie du cycle Vie/Mort.

pan de los muertos

Cette idée est le cœur d'une des plus belles traditions mexicaines : le Día de los Muertos. Les Aztèques célébraient un rituel en l’honneur de la déesse de la mort, Mictecacihuatl. Pour l’occasion, ils arboraient, en guise d'ornements, des crânes ou squelettes humains. Horrifiés, les conquistadors espagnols, qui n’étaient pourtant pas des midinettes, ont bien tenté d’éradiquer cette fête. Mais, comme l’esprit aztèque, elle a tenu bon : la pratique s’est adaptée et a évolué en fusionnant avec la foi catholique.

Pan de los muertos pate

La croyance veut que, du 31 octobre au 2 novembre, les morts quittent leur lieu de repos pour rendre visite à leur famille. Ce long voyage les ramène dans un monde de saveurs, d’odeurs, de couleurs, de sons et de textures. Pour les honorer, les Mexicains dressent des autels magnifiques garnis de fleurs, de boissons et mets favoris des disparus.

On retrouve une trace de la fête originelle aztèque au travers des décorations : des crânes et squelettes en papier mâché ou en plâtre, représentés souriants, en train de danser, de faire du vélo ou de jouer de la guitare. Tout est fait pour montrer que la mort n’est pas quelque chose dont il faut avoir peur : elle est tout simplement une étape de la vie.

C’est une fête positive, joyeuse, colorée et optimiste : on se réunit autour de la sépulture des disparus, on se remémore les bons moments passés avec eux, on prie, on danse, on chante, on boit. L’ambiance n’est pas du tout morbide ni triste. Il est dit que les morts s’en sentiraient insultés.  C'est le temps des réjouissances, l’occasion de réunir les amis et la famille au sens large et de se régaler devant un bon repas. Les étals des marchés regorgent de montagnes de nourriture, de fleurs, de crânes en sucre décorés, de chocolat, de bouquets de bâtons de cannelle et de pains des morts.

Traditionnellement, le pan de muerto est une brioche ronde, enrichie en jaunes d’œuf et surmontée d’une boule de pâte représentant un crâne et  4 os humains. Dans la région d’Oaxaca, on lui donne la forme de papillons, d’anges, de chiens ou de fleurs.

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Muffins de calabacita y chocolate.

muffins courgette
muffins courgette

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Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître ! Cette saison, mon oncle (qui est aussi mon parrain) a décidé de cultiver sérieusement son jardin potager. « Sérieux » n’est pas le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à lui parce qu’il a un sacré sens de l’humour. Pas celui des grosses blagues bien lourdes. Non, son truc à lui c’est plutôt l’humour à froid, qui tend vers l’ironie et scotche l’interlocuteur sur place. Je lui tire mon chapeau: la récolte a été splendide. Toute la famille (et elle est nombreuse) en a profité. C’est ainsi que j’ai reçu une caisse pleine de délicieux produits de la terre. Parmi ceux-ci figurait un lot de courgettes bien vertes, bien mûres et... bien dodues. Les dernières de la saison. Alors que faire avec ces belles costaudes à la peau dure et au cœur gorgé de graines ?

dernière récolte 2015
dernière récolte 2015

Originaire du Sud du Mexique, la courgette est très riche en eau (réhydratante), en potassium (diurétique) et en fibres. Plus elle grossit, plus ces fibres deviennent non solubles. Parfaites donc pour stimuler en douceur le fonctionnement de l’intestin. Jeune, elle ne contient pas d’amidon et peut alors être mangée crue. Ce qui n’est pas le cas des rustiques divas que j'ai reçues.

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J'aime les courgettes. Si je les laissais faire, elles gouverneraient tout le repas, dessert compris. Alors pour les mettre en vedette, j'ai eu l’idée de m’inspirer d’un classique des desserts mexicains - le gâteau aux courgettes- pour en  faire des muffins au chocolat épicé.

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Salsa mexicana

salsas crudas I
salsas crudas

Le vent glacial, les feuilles qui tombent, le changement d'heure : l'automne est bien là. Alors, pour oublier le temps maussade, j'avais envie de me replonger dans l'ambiance caliente de l'été. J'ai pensé à LA star de la cuisine mexicaine: la salsa mexicana. Rien de tel pour doper un moral dans les chaussettes. En plus, elle est facile et rapide à préparer. Tout comme le guacamole, il existe des quantités de variantes. Chaque famille a sa propre recette. On la partage au quotidien, en famille, entre amis, en toute convivialité...comme un doux souvenir d'enfance.

Quand j'étais petite, Baba Halina, ma grand-mère, jardinière experte, faisait pousser de fameuses tomates dans son immense potager. Fameuses, parce qu'elles étaient énormes et pourvues d'une chair rouge bien appétissante. Les plants donnaient des fruits dès la fin des grandes vacances et même au-delà. Je me souviens parfaitement de leur parfum tout comme celui de la terre fraîchement arrosée à leurs pieds. C'est crues, coupées en tranches et sur du pain que nous les préférions : fondantes et sucrées... A s’en faire péter !

La première fois que j'ai dégusté la salsa mexicana au Mexique, j'ai automatiquement pensé aux formidables tomates de ma grand-mère. Là-bas, les jitomates (tomates en forme de poire) sont bien charnues, gorgées de soleil et de sucre. Heureusement, parce que c'est là que les tomates sont nées. ...lire la suite